Relations entre la Tunisie et Wallonie-Bruxelles

Tunisie / Wallonie-Bruxelles.  35 ans de coopération : un regard rétrospectif pour le présent et l’avenir  

Les pays du Maghreb, par leur proximité géographique, culturelle et linguistique, leur important apport de travailleurs à l’Europe au fil des décennies, représentent traditionnellement un terrain de coopération pour les entités fédérées belges francophones. Ainsi partant du cadre de l'accord culturel belgo-tunisien de 1962, la Tunisie et Wallonie-Bruxelles ont développé une importante et patiente collaboration.

Les relations bilatérales entre les gouvernements de la Tunisie, de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont été marquées par l’ouverture de la Délégation Wallonie-Bruxelles à Tunis en 1988 (la première en Afrique du nord ). Ces relations se sont très largement diversifiées depuis.

Fondée sur l’idée de partage des valeurs universelles et des principes de démocratie, de justice,  de solidarité, de compréhension mutuelle et de valorisation des capacités humaines, notre coopération a évolué à travers la conclusion de conventions et d’accords successifs, de mobilisation de différents acteurs, de la mise en place de différents outils….On pourra citer ainsi la convention en matière de santé d’avril 1985, l’ouverture de la Délégation Wallonie-Bruxelles à Tunis en 1988 et la jonction avec le Bureau économique et commercial de l’Agence wallonne à l’exportation (AWEX) ensuite, l’accord de coproduction cinématographique de 1997, les activités menées par l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation  à l’étranger (APEFE) de 1992 à 2005, puis, enfin, la conclusion le 30 septembre 1998, d'un nouvel accord- cadre de coopération entre la Tunisie et les entités belges francophones, auquel se joindra ensuite la Commission communautaire francophone (Cocof) de Bruxelles.

Au plan de la coopération parlementaire, le mémorandum d’entente entre le Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles et l’Assemblée des Représentants du Peuple a été signé en mars 2015.

Une première commission mixte s’était tenue en 1999 pour se concentrer sur  un certain nombre de secteurs ou de sujets qu’on pourra retrouver les 20 années suivantes. Les ambitions de l’époque étaient déjà larges : éducation, enseignement supérieur et recherche avec un accent particulier sur la maîtrise de la langue française et la formation à l’interculturalité, formation professionnelle avec plusieurs programmes d’aide à la mise à niveau de l’économie tunisienne, études européennes et formation de diplomates, formation et diffusion culturelle (audiovisuel et  cinéma, arts plastiques, musique et patrimoine), protection de l’enfance et de la jeunesse, agriculture et environnement, santé….

L’APEFE a développé des programmes de formation en Tunisie depuis 1992 jusqu’en 2005,  essentiellement dans le domaine de l’enseignement du français et de la didactique, avant de réorienter ses priorités vers la formation technique et professionnelle, notamment avec les ISET Instituts supérieurs d’Etudes technologiques (ISET).

En 1999, l’AWEX  signa un accord technique de collaboration avec le CEPEX sur les mécanismes de promotion des exportations et la mobilisation de plusieurs instruments financiers en Tunisie. Le partenariat inter-entreprises reste un objectif quotidien de notre coopération bilatérale.

La formation des délégués tunisiens à la protection de l’enfance a démarré à la fin des années 90 et le délégué aux droits de l’enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est investi avec d’autres acteurs dans la  formation de base de la protection de l’enfance puis dans  la formation de formateurs en droits de l’enfant.

Les programmes successifs ont mis l’accent sur l’action sociale, l’enfance et la jeunesse tout en poursuivant la coopération dans les secteurs de l’enseignement et de la recherche, la formation professionnelle, la culture, le patrimoine, l’environnement, santé, appui à la société civile, dialogue interculturel rejoignent progressivement les priorités de la coopération désormais concentrée sur l’enseignement et la formation. 

 Maturation et élan de la coopération en 2011:

  Les dynamiques partenariales sont menées à bien dans l’ensemble, au cours de cette décennie, mais le climat politique de coopération est, pour le moins,  particulièrement pesant avec le gouvernement tunisien. La fin de cette décennie suscite les interrogations au sujet des perspectives de coopération. Une léthargie institutionnelle s’installe même. Elle est à l’opposé du travail de contact mené activement sur le terrain par la Délégation Wallonie-Bruxelles et nos acteurs de coopération avec les organisations de la société civile tunisienne. Une nouvelle dialectique de coopération prend forme et s’appuiera sur la révolution de 2011 et la transition démocratique qui s’enclenche. 

Ainsi, dès début 2011, en l’absence de programmation formalisée, sont essentiellement propulsées les activités et échanges en matière de soutien aux médias, d’appui à la société civile indépendante et de démocratie participative. Le pôle EUNIC Tunisie est aussi créé à l’initiative du délégué Wallonie-Bruxelles en 2011.

Dans le programme 2012 à 2014, l’appui aux médias et à la société civile occupe une place de choix.  Le programme concentre ses actions de coopération autour de l’enseignement-formation-appui à la société civile, et au développement durable. De manière transversale, les parties encouragent les projets répondant aux thèmes de la diversité culturelle et de l’égalité hommes-femmes. La programmation 2016-2018 poursuivra dans ces priorités. Elles correspondent à la volonté de développer une coopération axée sur le facteur humain et les connaissances.

Il s’agira aussi d’accroître le rôle de partenaires sur le plan de l’expertise et du renforcement des capacités locales (cf processus de décentralisation). Des synergies sont intensifiées ou recherchées tant sur le plan interne qu’avec les opérateurs privés et publics (Universités, Hautes écoles, ONG, Villes et Communes…). Wallonie-Bruxelles international décide ainsi de réintégrer en 2016 la Tunisie dans son programme de coopération indirecte, hors cadre intergouvernemental.

Il est entendu, enfin, que notre coopération bilatérale devra veiller à assurer une meilleure articulation des projets initiés avec les programmes des institutions multilatérales, de l’Union européenne, et de la Francophonie entre autres… Il reste encore beaucoup à faire, mais le chemin parcouru ensemble est stimulant et créatif !